Chasse aux sans-papiers : Hortefeux va pouvoir dormir tranquille...

Publié le par PCF Paris 14

Alors que le récent incendie de Vincennes souligne, une fois de plus, les effets désastreux de la politique d'immigration inhumaine du gouvernement, l'étaux se resserre sur les étrangers "sans-papiers".


Les eurodéputés ont adopté, par 367 voix contre 206 et 109 abstentions la directive xénophobe dite « retour » grâce à une alliance entre conservateurs, libéraux et eurosceptiques, facilitée par les hésitations et divisions du groupe socialiste. Communistes et Verts en effet se sont opposés au texte, socialistes espagnols et allemands ont voté pour.

La « directive de la honte » facilite le renvoi des sans-papiers de l’Union européenne en fixant à 18 mois la durée maximale de leur placement en rétention et une interdiction de séjour de cinq ans dans l’Union.


La rétention et l’expulsion des mineurs même non accompagnés ne sont pas non plus interdites. L’aide juridictionnelle devient facultative, la demande d’asile politique plus qu’aléatoire...


Ce texte est une insulte aux valeurs européennes, a dit durant le débat le communiste italien Giusto Catania, qui a rappelé que 44 pays d’Afrique et d’Amérique latine avaient fait part de leurs réserves aux dirigeants européens.


La directive de la honte suscite de nombreuses oppositions. Louise Harbour, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, appelle les pays européens plutôt à ratifier la convention de l’ONU sur les droits des travailleurs migrants : "Il serait temps qu’on donne des protections équivalentes à ceux qui sont persécutés pour des raisons politiques et à ceux qui font face à des menaces pour leur vie à cause d’une extrême pauvreté, de famines, de maladies, d’épidémies auxquelles ils ont également le droit de tenter d’échapper".


Un appel de personnalités dénonce une directive "qui rabaisse les normes de protection des droits de l’homme". Pour SOS Racisme, "cette directive est une atteinte aux idéaux de liberté et au vivre ensemble portés par les pères de l’Europe".


CADTM (Comité pour l’annulation de la dette) écrit : "Au Sud, ils meurent d’avoir été contraints d’ouvrir leurs frontières aux exportations agricoles européennes par la mécanique infernale de la dette imposée par le FMI et la Banque mondiale. Au Nord, l’Europe publie sa directive transformants en délinquants passibles de plus d’une année d’enfermement les immigrants qui viennent gratter à notre porte pour demander le droit de vivre."

Publié dans Droits des migrants

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