Hôpitaux sur le billard : Bachelot ça suffit – manif le 9 décembre

Publié le par PCF Paris 14


L’hôpital n’a pas la santé en ce moment. Depuis 2002-2003, le « plan hôpital 2007 » a modifié leur financement et mis en place la tarification à l’activité (T2A) : résultat, notre système de santé est en faillite. Les syndicats USAP-CGT, FO, CFTC, SUD Santé, UNSA, CFE-CGC de l’AP-HP appellent à une première manifestation le mardi 9 décembre à 10h, de Montparnasse vers le ministère de la Santé et l’Assemblée nationale.

 

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Les 3/4 des hôpitaux ont été mis au bord du dépôt de bilan

 

Après des années de restriction budgétaire, les hôpitaux sont au bord du dépôt de bilan. On nous fait croire qu’il s’agit d’une mauvaise gestion. Mais quand trop d’établissements rencontrent les mêmes difficultés : l’évidence s’impose. Le budget attribué à la santé par la loi de financement de la sécurité sociale est franchement insuffisant. N. Sarkozy et ses amis viennent de dégager des milliards d’euros pour sauver les financiers. Ils doivent faire preuve d’autant de largesse pour sauver l’hôpital public.

 

La France a pu s’enorgueillir d’avoir l’un des meilleurs systèmes de santé au monde. L’hôpital public est au cœur de cette réussite. Les soignants sont compétents, dévoués, porteurs d’une éthique forte. Des années de récession hospitalière les épuisent. Notre pays, 5ème puissance mondiale doit sortir de la crise dans laquelle les logiques comptables l’ont enfoncé.

 

Le privé s’enrichit : les malades trinquent

 

La logique comptable entraîne un transfert de coût de la santé sur les malades. Forfaits, franchises médicales, déremboursements, dépassements… les mots sont nombreux. Mais le mal est unique. Il est devenu de plus en plus cher de se soigner. Et puis maintenant, non seulement on ne peut plus se soigner par manque d’argent, mais on ne peut même plus trouver de médecin à la campagne ou en banlieue.

 

Au fait, c’est quoi, la logique comptable ? C’est permettre aux grandes firmes multinationales des assurances privées de capter le marché de l’assurance maladie. C’est aussi permettre aux grands groupes de l’hospitalisation privée de faire des bénéfices pour les jouer en bourses. Ainsi, la Générale de Santé a versé 400 millions d’€ de dividendes à ses actionnaires en 2007 !

 

Loi Bachelot = privatisation de la santé

 

Alors que la puissance publique devrait tout mettre en œuvre pour relancer notre système de santé, la loi Bachelot propose de franchir une nouvelle étape. Elle veut fermer les hôpitaux de proximité, pour ne garder qu’un hôpital public par département, laissant ainsi aux établissements privés le monopole. Mais plus grave encore, elle veut faire entrer les cliniques à l’intérieur de l’hôpital. Ainsi, les malades rentables seront soignés par le privé, les plus coûteux par le secteur public. C’est tout cela, qu’elle appelle les Groupements de coopération de santé (GCS).

 

Pour faire appliquer cette loi du privé, elle propose faire nommer par le ministère le directeur de l’Agence régionale de santé. Enfin, on n’est jamais assez prudent… ce directeur de l’ARS nommera le directeur de l’hôpital, « le patron » comme elle dit, pour diriger l’hôpital comme une entreprise. Les élus, les soignants, les usagers… n’auront plus leurs mots à dire. Les maux, ce n’est pas le problème de Mme Bachelot…

 

Pour gagner, nous devons être unis et nous mobiliser

 

Le mois dernier, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées autour de leur hôpital dans 150 initiatives. Chaque jour, des prises de positions témoignent du mécontentement profond des malades et des professionnels. Ainsi, ce sont maintenant les présidents des comités médicaux des hôpitaux de Paris qui s’associent pour tirer la sonnette d’alarme. Les personnels eux, ont organisé une manifestation d’une ampleur inégalée depuis très longtemps.

 

Pour gagner nous devons maintenant nous rassembler : hôpitaux de proximité et CHU, salariés et usagers, médecins et élus… Les personnels ont organisé, à l’appel de leurs syndicats, une manifestation très réussie. Les trois collectifs (contre les franchises, pour la défense de hôpitaux de proximité, et pour les services publics) lancent l’idée d’une journée nationale de mobilisation fin janvier. La loi Bachelot passera devant le parlement. Et puis, c’est le moment de la discussion sur le budget dans les hôpitaux.

 
Pour en savoir plus : collectif  contre les franchises médicales et pour l'accès aux soins de tous, et notre dernier article sur l'hôpital Saint-Joseph dans le 14ème, durement touché par des mesures d'économie dépourvues de bon sens.

Publié dans France - Europe

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