Manif du 19 mars : plus de 3 millions de cartons rouges !

Publié le par PCF Paris 14


Public et privé, nous étions plus de trois millions à battre le pavé  ce jeudi au total, dont 350 000 rien qu’à Paris. C’est bien plus que la dernière fois, même la police l’a remarqué ! Le gouvernement dit qu’il ne veut pas changer de cap, mais nous allons le forcer à nous écouter. Sa politique n’est pas la bonne, nous avons les solutions ! Quelques photos de la manif.

Ci-dessous un excellent article de l’Huma du 21 mars 2009..

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Le mouvement s’est ancré sur des exigences précises. Les salariés, prêts à continuer le mouvement pour faire  céder, veulent obliger le gouvernement non à « écouter les inquiétudes » mais à répondre aux revendications.

« Nous sommes des hommes et des femmes, nous avons envie de travailler dans notre pays et nous avons envie d’avoir un avenir. Nous ne sommes surtout pas là uniquement pour fournir des dividendes aux actionnaires ». Dominique, cadre au bureau d’études de l’équipementier automobile Faurecia à Brières, dans l’Essonne, et syndicaliste CFDT, résume à sa façon l’état d’esprit de nombreux manifestants.

Contrairement à ce que pense le premier ministre, ceux qui ont manifesté n’exprimaient pas d’abord une inquiétude face à une crise venue d’ailleurs, mais de la colère contre la politique du gouvernement et le patronat. « On n’est pas dupe. Les patrons "commencent à grincer" : on est en train de leur mener une lutte des classes pour qu’ils ne s’accaparent pas toutes les richesses », poursuit le syndicaliste. Selon lui, le mouvement va continuer « parce qu’il n’y a pas que les ouvriers, les cadres comme lui s’y mettent ».

Indéniablement, le mouvement engagé le 29 janvier s’est ancré sur le terrain. Les salaires, l’arrêt des délocalisations, les conditions de travail qui se dégradent de jour en jour chez Axa, Gina sait précisément pourquoi elle manifeste. « On ne peut pas raisonner le gouvernement et les patrons. C’est seulement par le nombre qu’on réussira. Nous sommes d’avantage qu’en janvier et nous serons plus encore la prochaine fois parce que les collègues ont compris qu’on ne pouvait plus laisser faire. La limite est atteinte. » Gina souhaite de nouvelles journées d’action, « mais plus régulières, pas seulement une fois de temps en temps ».

« Ce n’est pas une journée, plus une journée et peut-être une autre encore, c’est un mouvement d’ampleur qu’il faut ». Pour Éric, de SUD-PTT, « il y a une colère qu’il suffirait de canaliser par un mouvement de grève plus fort et plus long ». Il explique que dans les services de la banque postale où il travaille, « ce qui marche ce sont les appels intersyndicaux. Systématiquement, le personnel répond quand les appels sont unitaires ».

« La tarification à l’activité pose un problème terrible, assure Éric, médecin à l’hôpital de Gonesse dans le Val-d’Oise. On privilégie l’acte technique par rapport au travail intellectuel, de prise en charge et d’écoute des patients. » Pour ce praticien, le gouvernement ne comprend que le rapport de forces. « Ça ne me fait pas plaisir d’être là et pas avec mes patients, mais il faudra recommencer. Tant qu’ils n’ont pas compris. »

Cégétiste chez Areva à La Défense, Jacques fixe au mouvement des objectifs aussi précis qu’ambitieux. « Les salaires, la redistribution des bénéfices des sociétés, l’arrêt des délocalisations et l’intervention des salariés dans la gestion, au-delà de ce qu’on a aujourd’hui. » Jacques est certain que gouvernement et patronat seront obligés de discuter.

 

Sylvain et Vincent, militants CGT de la SNECMA à Saint-Quentin dans les Yvelines, sont là « pour la revalorisation générale des salaires en France. Le gouvernement et les patrons sont bloqués, mais si on use le pavé pendant des semaines comme ça, il faudra bien qu’ils cèdent. On l’a vu en Guadeloupe, il faut bloquer. » La suite du mouvement, ils la voient d’abord en bas, dans leur « boîte » et le bassin d’emploi. Dans le cortège des salariés du ministère du Travail, Rosana, avec son drapeau de la FSU exige l’arrêt de la casse du service public, de la politique de non-remplacement des départs à la retraite. « On manifestera tant qu’on n’aura pas été entendus. Sous toutes les formes et tant qu’il le faudra. »


Olivier Mayer

Publié dans France - Europe

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