Sommet de l'OTAN : une commission d'enquête pour faire le point sur les violences policières

Publié le par PCF Paris 14


Les militants pacifistes étaient venus nombreux, souvent en famille, pour porter leur vision d'un monde nouveau, libéré de la politique des blocs, de l'impérialisme et des autres dominations. Mais la police a tout saboté. Le députés communistes ont demandé une commission d'enquête pour faire le point sur les violences policières, et l'abandon par l'Etat des quartiers populaires à la violence et aux destructions.

Le texte de la proposition de résolution déposée :

" Pour de nombreux européen-ne-s, l’OTAN n’a plus de raisons d’exister : la voie de la paix ne peut être que celle de l’Organisation des Nations Unies, dûment démocratisée et renforcée. Le Sommet des 3 et 4 avril derniers était pour eux l'occasion de venir l'affirmer pacifiquement.


Des bus de toute la France, mais aussi du reste de l’Europe, ont convergé vers Strasbourg avec un seul mot d’ordre : se faire entendre des dirigeants de ce monde, pour leur rappeler qu’en ces temps de crise économique, la paix est un objectif toujours plus chérissable, car toujours plus précaire.


Venus en famille pour porter leur vision d’un monde nouveau libéré de la politique des blocs, de l’impérialisme et des autres dominations, les manifestants et manifestantes se sont trouvés pris au piège dans une ville barricadée et sans moyens de circulation.


Dès le départ, tout a été fait pour empêcher les manifestants de rejoindre le cortège. Les pacifistes ont été fouillés comme des criminels. 7 000 militants venus d’Allemagne n’ont pu traverser le pont de l’Europe et sont donc restés bloqués à Kehl. Puis tout semble avoir été fait pour que la manifestation dérape et sombre dans la violence.


Les manifestants pacifistes ont été conduits pour les prises de parole vers un terrain isolé et grillagé. Aussi, quand des groupes violents ont commencé à sévir, les forces de l'ordre ont asphyxié de gaz lacrymogènes les pacifistes qui ne disposaient d'aucune échappatoire sûre. Pris dans un guet-apens, le cortège a finalement dû se dissoudre.


Le bilan est lourd pour une manifestation citoyenne. De nombreux pacifistes ont été blessés, des bâtiments ont été incendiés sous le regard impuissant des habitants des quartiers populaires, abandonnés par l'Etat. Strasbourg est en état de choc.


Pour les autorités, dans un communiqué de presse, « le dispositif de protection a été opérationnel dès la fin mars et a parfaitement fonctionné » : il a permis un « déroulement normal du sommet » en évitant « que les casseurs ne se répandent dans la ville ».


Les militants pacifistes auraient-ils été assimilés à des casseurs ? Ils semblent en tous cas avoir été traités comme tels. Nous ne pouvons que nous interroger sur le bon fonctionnement affirmé du dispositif mis en place, au vu du bilan dressé par la Préfecture elle-même.


Alors qu’Amnesty International dénonce l’accroissement des violences policières dans notre pays, nous ne pouvons qu’être particulièrement attentifs à cette situation. La répression croissante des mouvements sociaux, bien au-delà de cet incident, ne peut que nous inquiéter pour l’avenir.


Les citoyennes et les citoyens doivent pouvoir exprimer en toute sécurité leur mécontentement quand ils le souhaitent, faute de quoi, l’Etat de droit est bafoué. Peut-on parler de démocratie, quand l’Etat ne donne pas les garanties nécessaires à l’exercice des libertés constitutionnelles d’expression et d’association ? Que dire, quand les citoyennes et les citoyens, terrorisés par les exactions dont ils ont été victimes, ont le sentiment que les forces de l’ordre les ont délibérément mis en danger ?


L’article unique de cette proposition de résolution demande à ce que soit mise en place une commission d’enquête pour faire la lumière sur cette affaire. La protection des libertés publiques est un sujet particulièrement sensible, et les craintes suscitées en la matière imposent d'agir au plus vite.

Article unique

En application des articles 140 et suivants du Règlement, est créée une commission d'enquête de trente membres chargée d'investiguer sur les conditions dans lesquelles se sont déroulées les manifestations des 3 et 4 avril à Strasbourg durant le Sommet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, et sur le dispositif mis en place par la Préfecture du Bas-Rhin pour garantir le maintien de l’ordre public et la protection des manifestants pacifistes et des habitants de Strasbourg."

Publié dans International

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