Urgence sociale : les députés communistes demandent au gouvernement d'écouter les revendications des français

Publié le par PCF Paris 14

Le 28 mai, les députés communistes auront la parole à l'Assemblée Nationale. Cela leur laisse le temps de présenter trois textes, pour faire des propositions. Les priorités des députés communistes : changer la vie tout de suite, changer les règles du jeu pour améliorer la vie durablement, et réagir au retour de la directive Bolkenstein au niveau européen.

Ci-dessous, les raisons qui les ont poussé à proposer une loi demandant des mesures d'urgence au gouvernement. Les deux axes de cette loi sont l'interdiction des licenciement dans les entreprises qui font des bénéfices et l'amélioration du pouvoir d'achat (augmentation des bourses des étudiants, conférence nationale des salaires, couvertures des personnes qui sont exclues des allocations chômage etc.) :

" En février dernier, Pôle emploi a enregistré 80 000 demandeurs d’emplois supplémentaires pour un total de 2,38 millions de chômeurs. En ajoutant les personnes en sous-activité et en formation, ce chiffre avoisine les 4 millions de chômeurs. Les prévisions de l’Insee tablant sur 332 000 pertes d’emplois pour le seul premier semestre 2009 augurent malheureusement d’une année particulièrement noire.

Pas un jour ne passe sans l’annonce de réductions d’activité, de fermetures de sites, de centaines voire de milliers de licenciements. Caterpillar, Continental, La Fnac, Goodyear, La Redoute, Les 3 Suisses, Saint-Gobain, Valéo, Whirlpool, Mittal, PSA, Renault, la liste des entreprises est longue et non exhaustive. Leurs sous-traitants sont directement et violemment touchés. Avec la fermeture de Celanese à Pardies (350 emplois supprimés), au moins 150 salariés de Yara et 50 salariés d'Air liquide sont sur la sellette.

Considérés comme de simples variables d'ajustement du capitalisme de casino, sacrifiés sur l’autel de la redistribution des richesses privilégiant le versement de dividendes au détriment des salaires et de l’investissement, les salariés sont aujourd’hui les premières victimes de la faillite de ce système. Jetés hors du monde du travail, privés de ressources et de perspectives d’avenir, par milliers les femmes et les hommes de ce pays subissent la crise.

Ces dernières années, les choix fiscaux et économiques ultra-libéraux des gouvernements de droite couplés aux réformes structurelles du marché du travail répondant à l’impératif stratégique européen de flexibilité ont transformé notre société pour la rendre plus duale et inégalitaire. La précarité s’est étendue au-delà des CDD, de l’intérim, les situations de travail porteuses de diverses formes d’insécurité se sont multipliées, et une couche entière du salariat relève désormais de la catégorie des travailleurs pauvres, dont le nombre a augmenté de 21 % sur la période 2003-2005. Ils sont nombreux à travailler le jour et à être SDF la nuit.

L’emploi ne protège désormais plus de la pauvreté. Plus de 7 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté, dont 2 millions d'enfants et 4 millions d'adultes d'âge actif. Parmi eux, la moitié est pauvre parce qu'exclue du monde du travail, l'autre moitié reste pauvre bien que travaillant.

De nombreux retraités, qui ont pourtant contribué à l'enrichissement du pays, perçoivent des pensions indécentes. Avant l'hémorragie en emplois, la fin des CDD et missions d'intérim de ces derniers mois, six millions de personnes dépendaient déjà des minima sociaux (RMI, API, ASS, AAH). Dans ce climat de précarité extrême, seuls 26 % des jeunes ont confiance en un avenir prometteur. Les jeunes des ZUS sont les plus touchés, tant l'accès à l'emploi leur reste impossible. En septembre 2008, le nombre le nombre de familles surendettées atteignait 1 500 000, et un ménage français sur huit vivait avec un revenu insuffisant.

Ce n’est pas un sentiment mais une réalité, nos concitoyens ont vu fondre leur pouvoir d’achat. A l’exception notable des gagnants du loto fiscal, qui, grâce au bouclier fiscal se sont enrichis cette année de l’équivalent d’une vie de travail d’un smicard, nos concitoyens se sont appauvris. Particulièrement vulnérables, ils sont les premiers touchés par la crise économique et sociale.

Pendant que la majorité de la population vit toujours plus petitement, plus difficilement, pendant que les directions d’entreprises réajustent à la baisse leur politique salariale pour 2009, de juteux dividendes continuent d'être distribués aux actionnaires : 34,9 milliards d'euros sur les 75 milliards d'euros de profits réalisés en 2008 par les entreprises du CAC 40. Nous nous trouvons dans une situation incroyable où des entreprises qui ont réalisé des bénéfices substantiels mettent la pression sur les salaires et licencient à tour de bras tout en distribuant dividendes, retraites chapeau et autres parachutes dorés.

Alors que la moitié des salariés touchent un salaire net inférieur à 1 555 euros mensuels, il est scandaleux de voir que les grands patrons perçoivent une rémunération moyenne annuelle de 4,7 millions d’euros, pouvant aller jusqu’à 20 000 Smic pour les plus riches.

Le Président de la République n’arrête pas de promettre qu’il est bien décidé à sauver des emplois, à encadrer les rémunérations outrancières des grands patrons, avec les résultats que l’on connait. Le gouvernement fait mine d’agir contre cette explosion des inégalités, mais il se préoccupe plus de la défense du bouclier fiscal que de légiférer pour encadrer strictement les salaires des dirigeants d’entreprise.

Bien que le bas niveau des salaires et des pensions résulte de difficultés structurelles, l'Etat se contente d'allouer de maigres subsides sans lendemain : bons d'achat pour des services à la personne, primes diverses d'un montant dérisoire, petit allègement d'impôt sur le revenu. C'est bien en-deçà de ce qu’exige la situation et de ce que demandent nos concitoyens. C'est au contraire en augmentant les salaires que l'on augmentera le pouvoir d'achat et que l'on relancera l'économie.

Colère et exaspération grandissent. A Echirolles, les salariés de Caterpillar, pour avoir légitimement exigé d'être écoutés de leurs dirigeants, ont été qualifiés de voyous par le président de la République, qui est allé jusqu'à employer le terme de « séquestration ». Ils ne sont pas les seuls, face à un patronat agrippé à ses privilèges.

En Guadeloupe, la population a été contrainte de tenir plus de six semaines la grève générale pour faire entendre sa principale revendication : l’augmentation des bas salaires, demande considérée comme justifiée par 78% des métropolitains.

Les 29 janvier et 19 mars derniers, deux et trois millions de nos concitoyens, révoltés par tant d’injustices, ont battu le pavé pour exiger de l'Etat qu'il défende l'emploi y compris public, qu'il accorde plus de protection en mettant fin à la casse des services public et qu'il prenne des mesures en faveur des salaires et du pouvoir d’achat. L'unité syndicale historique du premier mai est un signe qui ne trompe pas : la détermination de nos concitoyens à aller jusqu'au bout est sans faille. 

Au-delà des rodomontades du chef de l’Etat, on le voit, les conséquences de la crise économique et sociale appellent l'action urgente, volontaire et résolue des pouvoirs publics. Tel est l’objet de la présente cette proposition de loi."

Publié dans France - Europe

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