A lire cette semaine !

Publié le par PCF Paris 14

A lire cette semaine dans l'Humanité Dimanche:
DOSSIER SPÉCIAL SUR LA FERME MENACÉE DU 26, RUE DE LA TOMBE-ISSOIRE

extraits...

 

 

Qui veut raser la dernière ferme de Paris?

 

ferme.JPGLe ministère de la Culture doit se prononcer, dans les semaines à venir, sur le sort de la derniière ferme de Paris qu'un promoteur s'emploie à détruire depuis 2003. Où il est question de l'Abbé Pierre, de chef étoilé, de lutte citoyenne et  de CRS...


Au 26, rue de la Tombe-Issoire, à Paris dans le 14ème, l'immense porte charretière à la peinture bleur écaillée ne s'ouvre plus depuis longtemps. Tout le long du bâtiment à l'abandon, fenêtres et devantures ont été murées par d'imposants parpaings. A l'intérieur, une immense cour, vestige d'un jardin potes ager, s'étend sur près de 2000 m². Et derrière se cache la dernière des quelques 500 fermes que la capitale comptait au XIXème siècle, relique d'un Paris populaire promise à la démolition. Avant sa mort, l'abbé Keller, avait portant émis le souhait que ce site exceptionnel ne soit pas vendu au plus offrant et garde l'empreinte sociale qu'il avait insufflé à ce lieu d'accueil pour les familles populaires. Peine perdue. Depuis 25 ans, sur fond d'une flambée sans fin des prix de l'immobilier, le site attise la convoitise es promoteurs. D'ailleurs, sans la ténacité d'une trentaine d'associations, et de riverains passionnés, le béton aurait déjà noyé un site où l'abbé Pierre, peu avant sa mort, célébra une de ses dernières messes.

 

Outre des parrains prestigieux, les défenseurs du site empêchent sa destruction, par la grâce du classement comme minument historique du sous-sol de la ferme, en 1994. La préservation de la carrière sous-terrainne, qui date du Moyen-Âge, empêche, pour l'instant, le promoteur immobilier (la Soferim) de couler le béton indispensable aux fondations de son projet. Refusant actuellement de céder son bien, acquis à près de 6 milliards d'euros, la Soferim s'accroche en dépit d'interminables procédures judiciaires, la plupart perdues, et du désintérêt relatif de la Mairie de Paris. Une situation absurde "qui pourrait durer encore des soiècles", soupire Thomas Dufresne, un passionné du 14ème arrondissement qui a contribué à faire revivre le lieu en toute illégalité, avant que l'accès au bâtiment ne soit condamné.

 

Car la ferme et ses bâtiments attenants portent aussi la mémoire d'un Paris contemporain, dévoréferme-2.JPG par la spéculation immobilière et la pénurie de logement. Le 2 septembre 2005, répondant à une injonction de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, la préfecture de police expulsait manu militari une soixantaine  d'hommes, de femmes et d'enfants qui avaient élu domicile au 26, rue de la Tombe-Issoire, le jour de la rentrée scolaire. L'année précédente, une trentaine de familles avaient déjà subi le même sort, à grands renforts de CRS.


Reconversion en logements sociaux, dans un arrondissement qui en manque cruellement, projet de "ferme-restaurant citoyen et viable" défendu actuellement par l'acteur Lorànt Deutsch et le chef étoilé Yannick Alléno, les idées ne manquent pas pour ressusciter ce vestige aujourd'hui insalibre et, en théorie, inconstructible. Ne manque plus, pour mettre fin à un interminable feuilleton judiciaire, qu'une décision politique. "Il suffirait que l'État décide de classer la ferme monument historique et que la Mairie exproprie la Soferim" résume Thomas Dufresne. Mais le promoteur n'entend pas abandonner son trésor, pourtant inutile en l'état: une offre de rachat à près de 9 millions d'euros lui a déjà été formulée par la Ville de Paris, il y a quelques années. Sans surprise, la Soferim l'avait rejetée.

Marc de Miramon
L'Humanité Dimanche - 19/05/11

mdmiramon@humadimanche.fr

 

Ce qu'en dit Paul Roussier, adjoint (PCF) au Maire du 14è:

 

paul"Il est aujourd'hui impossible de construire sur ce site unique à Paris sans endommager le sous-sol, classé monument historique. Mais il y a aussi des logements existants, occupés il y a quelques années illégalement par des familles qui ont été évacuées en 2005 par les CRS de M.Sarkozy, sous prétexte que le bâtiment présentait un risque, alors que les installations électriques avaient été "sécurisées". Depuis, ces bâtiments sont vides, et il serait tout à fait possible de les réhabiliter en logement social. Cela correspondrait en plus aux voeux formulés par l'abbé Keller, qui tenait beaucoup à ce que ce lieu garde sa vocation sociale.


Les habitants du quartier nous appellent à la mairie pour nous reprocher de ne pas être assez actifs sur ce dossier. Mais il y a un véritable imbroglio juridique entre le classement du sous-sol et le sol qui, lui, n'est pas protégé."

 

Retrouvez le dossier dans son intégralité dans le numéro de cette semaine de l'Humanité Dimanche, disponible dans tous les kiosques et chez tous les marchanfds de journaux, ainsi qu'en vente militante auprès des Communistes, ce dimanche sur les marchés Brune, Villemain, Daguerre et ce vendredi entre 17h30 et 19h30 au 32, rue Saint-Yves (à deux pas de la ferme menacée...)

 

Publié dans 14ème - Paris

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