Bataclan Fraternelle jam session pour l’Humanité !

Publié le par PCF Paris 14

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"Soutenir ce journal qui n’est ni snob, ni populiste parcequ’il n’insulte pas l’intelligence du peuple. L’humanité est un journal pacifiste dans un monde barbare", Sapho.

« Vive l’Humanité et son journal  ! » lance, un brin goguenard, Loïck Lantoine. Il a vu juste tant il y a, ce soir-là, au Bataclan, un bel échantillon d’humanité joyeusement réunie pour soutenir l’Humanité, le journal. Les artistes, d’abord, dans le désordre et dans le tempo. Allain Leprest, depuis les coulisses, ne quitte pas des yeux son amie Francesca Solleville qui interprète Ma France et lit un mot d’amitié de Jean Ferrat à l’Huma, « mon journal, mon quotidien » depuis son village d’Antraigues. On écoute avec plaisir la gouaille d’Yves Jamait, casquette de Gavroche vissée sur la tête, balancer tranquillement ce refrain  : « Y en a qui seront jamais dans la merde, y en a qui n’auront jamais de problème » que la salle reprend en chœur. On se balance au rythme des flows du collectif hip-hop Black Stamp, plus tard sur ceux du rappeur HK du MAP (Ministère des Affaires Populaires) qui a présenté son nouveau projet et le groupe formé pour l’occasion, HK et les Saltimbanks. Mélanges des genres, chanson, hip-hop, rock et jazz, enfin, avec la présence de deux grands artistes, le saxophoniste Archie Shepp et le musicien protéiforme Bernard Lubat, ici batteur de cœur, de corps et d’esprit avec son frère de musique. Chez Shepp, les notes s’envolent une à une de son instrument, passent au-dessus de nos têtes et déroulent dans l’espace des mélopées que les baguettes de Lubat aiguillonnent au gré des phrasés qu’insufflent un tempo soyeux comme une caresse. C’est au tour du grand Jacques, Higelin pour les intimes, de se lancer dans l’arène. Alertez les bébés, chante-t-il assis derrière le piano tandis que Shepp promène sa belle gueule sur le plateau et Lubat déjoue les évidences. « Jusqu’où ça commence la musique  ? Jusqu’où ça commence l’humanité  ? Jusqu’où ça commence le communisme  ? Y en a qui s’occupent jusqu’à ça s’arrête  : Sarko’rmence  ! Le nain porte quoi  ? Un régulier en situation étrangère. Urgent crier  ! disait Benedetto aujourd’hui au paradis du néant des poètes. Ne pas plier, on ne lâche rien  ! » La salle, électrisée, salue les aphorismes de Bernard Lubat, artiste poëlitiquement engagé et enragé. Faites du bruit pour l’Huma, ont scandé à moult reprises les artistes, conscients que leur présence n’avait rien d’anodin. En quittant le Bataclan, l’Huma du lendemain toute fraîche sortie de l’imprimerie était distribuée à la criée. Ce soir-là, ils ont pris la parole contre ceux qui voudraient faire taire tout le monde.



Marie-José Sirach  (L'Humanité du 03/02/2010)

Publié dans Fête de l'Huma

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