L'Irlande goûte à nouveau à la misère

Publié le par PCF Paris 14

irlande.jpgEn Irlande, tout le monde espérait que la période noire de l'histoire était passée, et que le tigre celtique prenait sa revanche. Il a aujourd'hui la certitude qu'il n'en est rien. On comprendrait alors que le désespoir l'emporte, à présent que le FMI de Dominique Strauss-Kahn et les ministres des finances de l'UE se jettent sur les quelques acquis sociaux qui restaient comme des rapaces sur une proie malade.

 

Pourtant, comme souvent sur cette île, c'est la combativité et la légitime colère populaire qui s'expriment. Il étaient plus de 100 000 personnes dans les rues de Dublin ce samedi pour dire non à une politique d'austérité qui épargnera, comme elle l'a fait en Grèce, les banques, les actionnaires et les marchés financiers. L'austérité décidée par un gouvernement de centre-droit Fianna-Fail/Les Verts prévoit une baisse des pensions de retraite entre 200 et 240 euros par mois, une baisse des minima sociaux, des allocations familiales, des allocations de chômage, et une hausse de la TVA. L'impôt sur les sociétés, lui, restera inchangé: il est l'un des plus bas au monde.

 

Quand la Grèce a dû recourir à l'aide du FMI et de l'UE, les dirigents les plus libéraux (à commencer par le gouvernement français) avaient fustigé les mesures sociales "trop coûteuses" et les acquis sociaux comme autant d'entraves au libéralisme. On nous disait alors que si la Grèce avait moins de fonctionnaires, moins d'impôts sur les entreprises, un temps de travail plus élevé, tout ceci ne serait pas arrivé. Que dire de l'Irlande? En Irlande, le droit du travail est quasi inexistant, le libéralisme économique est devenu un dogme du Fianna-Fail, parti au pouvoir depuis sa création, et on nous présente depuis 15 ans cette île comme le modèle libéral de l'Europe. Tout s'effondre.

 

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La vérité est criante: l'Irlande est un pays qui a été artificiellement divisé en deux par les Britanniques. Il a subi 800 ans de massacres, d'expropriations, de vexations, de famine, de guerre coloniale et d'exil. Aujourd'hui, c'est à nouveau le spectre de la tutelle politique et économique, de la misère et de l'émigration qui fait surface. Le peuple Irlandais n'a que trop souffert des politiques irresponsables menées par les pouvoirs libéraux depuis 1921. C'est bien pour cette raison que le Sinn-Féin, parti républicain progressiste siégeant dans le groupe du PCF au parlement européen, est arrivé en tête aux élections partielles qui se sont tenues cette semaine dans le Donegal, région rurale habituellement de droite.

 

Rien n’est possible en Europe, s’il n’est pas mis un terme à tous les mécanismes financiers dédiés aux plus riches et déconnectés de l’économie réelle. La BCE doit être placée sous l’autorité des peuples européens et non l’inverse.

 

Le PCF dénonce depuis le départ ce plan d’affameur où, pieds et poings liés, l’Irlande passe à la casserole à la sauce grecque.

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