Le printemps des femmes ?

Publié le par PCF Paris 14

féminisme

8 mars. Les journées commencent à s’étirer et les Galanthus nivalis (perce-neige) ornent déjà le bord des chemins. Odette a travaillé toute sa vie à faire le ménage des autres, à élever ses trois enfants dans la promiscuité d’un petit appartement de banlieue. Aujourd’hui, elle vient de faire ses comptes. Elle va gagner désormais 825 euros par mois. De son mari ouvrier qualifié décédé depuis peu, elle devra obtenir, pour survivre, une réversion équivalente à la moitié de sa pension de 1426 euros. Elle aura travaillé autant que son mari, mais voilà, elle est dans la moyenne de ce que gagnent les femmes en retraite, et, qui plus est, elle aura dû s’arrêter de travailler à 62 ans quand son compagnon s’était arrêté à 57 ans.


Il est vrai que là haut, dans les sphères de la grande bourgeoisie, on s’intéresse à une question beaucoup plus « importante » : Au total, sur 561 postes d'administrateurs de groupes du CAC 40, 59 seulement sont occupés par des femmes. Les autres sont cantonnées aux courses… Quel scandale !


Permettre aux femmes de travailler à plein temps, d’élever leurs enfants et, pourquoi pas, de diriger un conseil d’administration, fut-il sorti des griffes du CAC 40, ça demande une organisation de société à contrario de celle que nous connaissons aujourd’hui. Les femmes, comme les hommes, y ont tout intérêt. Leur combat pour l’émancipation, chez nous comme sur toute la planète, c’est bien la clé d’une société juste et libre dont il faudra bien ensemble dessiner les contours, faute de quoi les perce-neige resteront toujours bloqués dans les congères de l’arbitraire.

 

Yvon Huet

Publié dans Travailleurs en lutte

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